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LA MOUCHE

KATHERINE MANSFIELD

C’est à ce moment-là que le patron remarqua une mouche qui était tombée dans son grand encrier, et s’efforçait faiblement mais désespérément de se hisser pour en sortir. Au secours ! Au secours ! disaient ces pattes qui se débattaient. Mais les parois de l’encrier étaient mouillées, glissantes ; elle retomba et se mit à nager.

PREMIERE QUINZAINE

d'AVRIL

2024

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Nouvelle traduite par Julie Vatain-Corfdir et lue par Philippe Faure

Écrite à Paris et publiée à Londres, cette nouvelle parue en 1922 dans The Nation and Athenaeum porte la lourde marque de la Grande guerre. Mansfield y met en scène la génération des pères ayant perdu leurs fils au front afin d’interroger le travail du deuil, national et personnel. Avec une lucidité qui oscille entre compassion et amertume cruelle, elle examine un épisode anecdotique dont la portée symbolique a fait couler beaucoup d’encre. La mouche, cet insecte sacrifié sans raison, offre-t-elle une image du fils inconsciemment envoyé à la mort, un miroir du père dont on teste la capacité à survivre, ou encore l’expression d’un pur sadisme engendré par une douleur inapaisable ? Sans répondre aux questions qu’elle soulève, la nouvelle explore le travail du chagrin et du temps autour d’une grande absence qui est aussi celle du propre frère de Mansfield, Leslie Heron Beauchamp, tombé en France en 1915

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